Quelles sont les villes françaises où les femmes sont bien soignées ? Voici les résultats de notre palmarès 2026 – EXCLU

Longtemps minimisée, voire ignorée, la santé au féminin commence à être mieux prise en charge. Mais sur ce plan, certaines villes françaises sont mieux loties que d’autres. Dans notre enquête exclusive, qui dresse le palmarès des villes françaises où les femmes sont bien soignées, découvrez celles qui font bouger les lignes.

Oui, les femmes vivent plus longtemps que les hommes : 85,9 ans d’espérance de vie à la naissance pour elles, 80,3 ans pour eux, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Et oui, les déserts médicaux s’étendent avant tout en milieu rural et dans les zones péri-urbaines.

Alors pourquoi la rédaction de Femme Actuelle compare-t-elle l’offre de soin pour les femmes dans les cinquante plus grandes communes de France ? Parce que la longévité ne dit pas tout, et qu’il existe dans notre pays une vraie inégalité en matière d’accès à la santé entre les sexes. Dès lors, il nous a paru utile, à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, de déterminer statistiquement quelles villes prennent le mieux en compte la santé au féminin, comment et pourquoi.

Pour ce faire, nous avons recueilli les différentes données disponibles, quand elles existent à cette échelle. Nous en avons tiré un classement aux indications précieuses sur le rôle que jouent les différents acteurs : autorités sanitaires, hôpitaux, médecins de ville, associations, politiques. Celles-ci attestent que lorsqu’il existe une volonté commune de faire bouger les lignes, les choses évoluent.

Un classement qui ouvre des pistes de réflexion

Disons-le d’emblée, notre classement ne répond pas à toutes les interrogations. Il ouvre des pistes de réflexion, met en lumière des personnalités qui font la différence, des organisations qui répondent aux besoins de la population comme à sa démographie. Il montre que, sur le terrain, l’humain fait la force. Mais il soulève aussi d’autres questions : notamment, sur la difficulté d’attirer des médecins – sujet complexe –, ainsi que le poids des revenus et de la richesse dans l’accès aux soins. Notre enquête commence tout de même par un constat positif : aujourd’hui, le sujet de la santé des femmes est enfin sur la table. “Décideurs, professionnels de santé, grand public, tout le monde en parle, confirme Caroline de Pauw, sociologue et auteure de La santé des femmes (éd. Mango). D’ailleurs, on progresse sur le versant biologique : sur l’endométriose, le cancer du sein, la connaissance des symptômes spécifiquement féminins…”Longtemps déconsidéré par le milieu médical, le corps des femmes est de mieux en mieux compris et pris en charge. Nos chiffres le prouvent.

La santé des femmes ne se réduit plus au cancer du sein et à la périnatalité

Autre raison de se réjouir, la santé des femmes ne se réduit plus au cancer du sein et à la périnatalité, réunis sous l’expression “santé bikini” par la cardiologue américaine Nanette Wenger. “Par exemple, la campagne Octobre rose (de prévention du cancer du sein, ndlr) est massivement relayée par les municipalités, observe Emmanuelle Faure, géographe de la santé. Comme celle de la périnatalité, la question du cancer du sein est essentielle, car nous sommes loin du compte en termes de politique publique. Mais la santé des femmes, ce n’est pas que ça !”. Selon la maîtresse de conférences à l’Université Paris-Est Créteil et chercheuse au Lab’urba, des verrous doivent donc encore sauter dans l’univers médico-social pour que soient mieux prises en compte les maladies cardio-vasculaires, la ménopause, la charge mentale etc.

“Une femme renonce à se faire soigner davantage qu’un homme”

Malgré la prise de conscience, être une femme continue d’affecter le rapport à la santé. “Quelle que soit sa catégorie socio-professionnelle, elle renonce à se faire soigner, davantage qu’un homme”, constate Caroline de Pauw. Phénomène aggravé par le fait que, notamment, 30 % des symptômes de l’infarctus sont dits atypiques. “C’est étonnant, ce terme ‘atypique’, ironise la sociologue, alors qu’ils sont simplement spécifiques aux femmes : fatigue, nausées… Quand elles arrivent à l’hôpital, des soignants leur expliquent que c’est psychologique. Elles font un infarctus et repartent avec l’ordonnance d’un psy”. A cet égard, les lieux dédiés à la santé des femmes, centres experts endométriose, services ménopause, sont essentiels. Les soignants y sont sensibilisés à ces singularités. Résultat, une amélioration de la prévention et de la prise en charge. C’est d’autant plus important “que, pour l’instant, les formations médicales et paramédicales sont un impensé”, ajoute Emmanuelle Faure.