Ce que dit la loi française sur l’argent trouvé

La législation est formelle sur ce point : tout argent découvert dans l’espace public ne vous appartient pas automatiquement. Vous disposez d’un délai de vingt-quatre heures pour le rapporter au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche. Cette obligation légale s’applique quelle que soit la somme trouvée, qu’il s’agisse d’une pièce de deux euros ou d’une liasse de billets.
Une fois que vous avez remis votre trouvaille aux autorités, celle-ci est placée en sécurité dans un coffre avant d’être transférée à la Caisse des dépôts et consignations. Cette institution publique conserve l’argent en attendant que son propriétaire légitime se manifeste. Le Code civil, dans son article 2276, précise clairement les droits de la personne qui a perdu son argent : elle peut le réclamer pendant une période de trois ans à compter de la date de la perte.
Le parcours de l’argent trouvé : un calendrier précis

Le système mis en place par la loi suit un calendrier bien défini. Après avoir déposé l’argent auprès des forces de l’ordre, une période d’attente commence. Si le propriétaire initial ne se présente pas dans l’année qui suit votre dépôt (plus précisément un an et un jour), vous obtenez le droit de récupérer cette somme. Mais attention, ce n’est pas pour autant que vous pouvez la dépenser librement !
En effet, même si l’argent vous est restitué après ce délai d’un an, vous devez le conserver intact pendant deux années supplémentaires. Pourquoi ? Parce que le propriétaire conserve son droit de revendication pendant trois ans au total. Si cette personne se manifeste durant cette période, vous êtes dans l’obligation de lui restituer intégralement la somme. C’est une sorte de garde provisoire qui vous est confiée.
Dans l’hypothèse où personne ne réclame l’argent après trois ans – ni vous en tant que découvreur, ni le propriétaire légitime – les fonds sont définitivement transférés au Trésor public. L’État devient alors le bénéficiaire final de cette somme abandonnée.