Comment David Phillips a transformé 12 150 flans en 1 253 000 miles
Selon Wikipedia, la promotion offrait 500 miles pour dix codes-barres, ou 1 000 miles pour ceux reçus en mai 1999. En évaluant chaque mile à deux cents de dollar, David Phillips a vite vu le potentiel. “En tant qu’ingénieur un peu geek, je suis rentré à la maison et j’ai tout mis dans un tableau”, racontait-il au magazine. Il a d’abord repéré des soupes Healthy Choice à 0,90 dollar, intéressantes mais pas optimales.
Le déclic arrive dans un magasin discount Grocery Outlet, où il tombe sur des puddings au chocolat à 0,25 dollar pièce, chacun avec son propre code-barres. Phillips visite alors dix magasins de l’enseigne autour de Sacramento et achète tout le stock, puis demande aux gérants de commander des caisses supplémentaires. Pour justifier ces montagnes de flans, il prétend préparer le bug de l’an 2000. Au total, il empile 12 150 flans pour environ 3 140 dollars, soit à peu près la même somme en €.
Don aux œuvres, avantage fiscal et statut à vie en business
Reste un casse-tête très concret : découper des milliers de codes-barres avant la date limite. David Phillips sollicite alors une branche locale de l’Armée du Salut, qui se charge de les détacher en échange du don de tous les desserts. Le surplus de nourriture n’a donc pas été gaspillé. Ce geste lui offre en prime une déduction fiscale d’environ 815 dollars, soit une valeur voisine en euros, ce qui réduit encore le coût de l’opération. Lorsque Healthy Choice crédite enfin les comptes, le total atteint 1 253 000 miles, répartis entre plusieurs compagnies mais majoritairement sur AAdvantage, le programme d’American Airlines, qui lui accorde d’abord le statut Gold à vie, puis Platinum à vie.
David Phillips n’a pas gardé ses miles très longtemps : il les a entièrement dépensés au cours des cinq premières années. Ces miles ont permis à toute sa famille (sa femme et leurs deux filles) de réaliser de nombreux voyages, dont un premier séjour en première classe à Milan, Barcelone et Londres. Ils ont ensuite multiplié les destinations en Europe, en Nouvelle-Zélande et ailleurs. Au total, grâce à ces « miles pudding », la famille a pu visiter plus de 40 pays différents au fil des ans, profitant à la fois de vols en classe économique et d’upgrades en classe supérieure. Phillips estimait à l’époque que ses 1 253 000 miles valaient l’équivalent de 50 allers-retours aux États-Unis, 31 allers-retours en Europe ou encore 21 en Australie, soit près de 150 000 dollars de voyages.
