Certains conservateurs alimentaires pourraient être à l’origine de cancer et de diabète

Des risques mis en évidence grâce à un suivi

Les chercheurs se sont appuyés sur la cohorte Nutri-Net, qui suit depuis 2009 plus de 100 000 adultes français. Régulièrement, ces consommateurs déclarent leurs habitudes de vie, leur alimentation, et leur état de santé. Et au sein de cette cohorte, au fil du temps, plus de 4 200 cancers et 1 131 cas de diabète ont été recensés, et «17 substances ont pu être analysées individuellement en lien avec les pathologies étudiées». L’étude permet alors d’analyser les liens de ces maladies à l’exposition à certains de ces additifs.

Douze d’entre eux sont associés maintenant à une augmentation des risques de diabète et de cancer, dans le cas d’une consommation élevée, et parmi eux les sulfites et les nitrites. L’autre information marquante de ces travaux, c’est que des substances perçues comme «plus naturelles» comme les extraits de romarin ou l’acide citrique sont aussi associés à un risque augmenté de diabète. Pour la chercheuse à l’Inserm Mathilde Touvier, c’est en fait la transformation industrielle de ces produits qui modifierait la manière dont notre organisme les assimile. Pour rappel, une consommation dite «importante» peut être l’équivalent de quelques nuggets par jour, d’une canette de soda par jour ou de plats préparés réguliers. Pour éviter ce genre de risques, l’Inserm conseille donc de se diriger en priorité vers les aliments bruts et les préparations maison, mais aussi vers les produits à listes d’ingrédients courtes.